Pour les musulmanes d’Ile-de-France, pouvoir prier au travail est la première priorité 2017-12-14T14:59:15+00:00

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Pour les musulmanes d’Ile-de-France, pouvoir prier au travail est la première priorité

Mercredi 7 octobre 2015

Une étude du Cabinet InAgora menée au printemps dernier auprès de salariées musulmanes d’Ile-de-France indique que leur première revendication est de prier au travail, devant le port du foulard.

Si le port du voile cristallise l’attention, ce n’est pourtant pas la première revendication des femmes musulmanes pratiquantes d’Ile-de-France qui exercent un métier.

250 musulmanes pratiquantes et salariées d’Ile-de-France interrogées

Le cabinet InAgora, un cabinet d’étude et de conseil sur le fait religieux en entreprise, a mené l’enquête en septembre dernier auprès de 250 femmes musulmanes pratiquantes, qui exercent une activité salariée en Ile-de-France. Celle-ci a été composée d’un questionnaire de 45 questions puis, dans un deuxième temps, d’une trentaine d’entretiens semi-directifs. Anaïs Leleux, la consultante qui s’est occupée de l’enquête, a expliqué à Libération : « Personne n’avait jamais interrogé ces femmes. Seuls les managers avaient été sollicités sur ces questions ».

Pour 64% d’entre elles, pouvoir prier dans l’entreprise est leur première priorité

Cette interrogation a mené à une conclusion éclairante : la première revendication de ses femmes n’est pas de pouvoir porter un foulard au sein de l’entreprise (23% d’entre elles en font leur toute première priorité) mais de pouvoir prier dans leur milieu de travail. Cette pratique est considérée comme la toute première priorité par 64% d’entre elles. La pratique du ramadan intervient, elle, en troisième position, avec 10% des femmes interrogées qui le placent comme revendication première.

Le port du foulard est, en revanche, la priorité secondaire la plus demandée, avec 34% des femmes interrogées qui le mettent en deuxième position.

La laïcité invoquée comme refus des pratiques visibles

La faiblesse de l’échantillonnage, ainsi que la particularité de la population interrogée (des musulmanes pratiquantes qui exercent une activité) incite à la prudence quant à l’interprétation des résultats. La moindre importance donnée au port du voile peut s’expliquer par la volonté de préserver sa carrière. Lorsque les pratiques visibles de leur religion sont refusées par leurs employeurs, c’est généralement au motif que « nous sommes dans un pays laïc ».